Pourquoi choisir la POD ?

L'émergence de la POD permet de limiter grandement le gâchis, en limitant considérablement les stocks et le pilon. Grâce à la POD, l'auteur, l'éditeur, mais surtout le livre, sont remis au cœur du débat.

L'époque de la surconsommation est révolue. Aujourd'hui, il faut consommer le livre de manière "responsable". Pour nous, une commande doit systématiquement rimer avec une vente ferme. Il en va de la survie de l'auteur, de l'éditeur et de la planète en général. Pourquoi l'auto-édition a-t-elle réussi ce pari et pas l'édition traditionnelle, trop enfermée dans ses pratiques d'un autre âge ? Il faut absolument que ce type d'édition raisonné devienne la norme.

Et c'est pourquoi nous défendons cette approche, sans toutefois rendre la POD systématique. Car l'impression classique peut aussi être parfaitement raisonnée, à condition de limiter les volumes d'impression aux attentes réelles des lecteurs. C'est aussi dans cette optique que nous travaillerons, en impression classique, sur des éditions limitées, avec notre label FMR

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Quelle est la chaîne "classique" du livre ?

— L’auteur écrit (milliers d’heures), corrige, relit, etc.

— L’auteur cède son livre à l’éditeur (cède les droits d’édition.)

— L’éditeur corrige, édite, façonne, crée la couverture (avec ou sans l’aide d’un illustrateur), met en vente le livre chez les libraires, soit directement, si sa structure ne lui permet pas d'avoir un distributeur, soit via un contrat avec un distributeur. Cette dernière option a bien évidemment un coût non-négligeable.

— L’éditeur donne le bon à tirer (appelé BAT) du livre à l’imprimeur.

— L’imprimeur imprime, et met les ouvrages en carton.

— L'éditeur peut récupérer les colis lui-même (s'il est proche de son imprimerie), mais généralement, il les fait envoyer à son distributeur. 

— Ce dernier propose les livres aux points de vente : magasins, libraires.

— En parallèle, l'éditeur peut faire appel à un diffuseur, qui se chargera de la promotion du livre auprès des revendeurs. Cette option (très utile) a un coût important, qui s'ajoute généralement à celui du distributeur.

Quels sont les facteurs qui incitent à une production toujours plus élevée ?

​— La recherche permanente de nouveautés.

— La concurrence, qui n'en est en réalité pas une, puisque les "petits" ne peuvent jamais vraiment lutter contre les "gros".

— Le coût de production qui baisse énormément si l'on imprime d'énormes volumes. Qu'on se le dise, imprimer 4 000 ou 40 000 exemplaires coûtera bien moins cher qu’en imprimer 100 ou 1000. Et à ce petit jeu, les mastodontes de l'édition ont les moyens d'avoir les coûts les plus bas, puisqu'ils impriment généralement des dizaines de milliers d'exemplaires de chaque livre.

— Aux coûts déjà supportés par l'éditeur, viennent s'ajouter les remises libraires (de 30 à 45 % du prix de vente). Le tout incite l'éditeur à minimiser ses coûts de fabrication le plus possible, notamment en commandant des volumes. Et là, que l'on soit "gros" ou "petit", ces coûts sont quasiment identiques.

La durée de vie d’un livre : quelques semaines, tout au plus.

Une fois le livre chez le libraire, il reste entre quelques semaines et quelques mois (rarement) dans les rayonnages. Massivement poussé par l'ancien système "d'offices" des gros éditeurs, et par la demande des lecteurs pour les dernières sorties, le libraire se retrouve coincé et doit suivre le rythme imposé, sous peine de fermer boutique. Le libraire est donc soumis à un problème de turn-over incessant. Tout ça est évidemment lourd à supporter, et est au final reporté sur l’éditeur (et l'auteur).

 

Que devient le livre invendu ?

Après être resté un temps très court dans les rayons (s'il a eu la chance d'y parvenir), le livre invendu fait le chemin inverse, du libraire au distributeur. Parfois, il n’a même jamais été déballé... Le livre termine souvent sa vie au pilon.

En france, on estime à un bonne centaines de millions de livres par an qui partent au pilon... C'est intolérable !

 

Le retour des invendus. Comment un tel concept peut-il exister ?


Normalement, dans n'importe quelle activité commerciale, un revendeur ne rend jamais son produit au producteur. Mais dans le milieu du livre, et nulle part ailleurs, un revendeur par du principe qu'il a le droit de faire ça... Et en effet, il a ce "droit", à cause de cette histoire "d'office" dont nous vous avons parlé plus haut. Alors, l'office, qu'est-ce que c'est ? L'office est une idée qu’eurent certains éditeurs au milieu du XIXe siècle (globalement les mastodontes d'aujourd'hui) de proposer d'office aux libraires les nouveautés de leurs maisons d’édition. En échange de cette mise d'office, on octroyait aux libraires le droit de retourner les invendus... Et cette pratique existe toujours ! Raison pour laquelle les grosses maisons d'édition sont présentes massivement partout, laissant pas ou peu de place aux autres.

 

Quelles solutions ?

Pour le moment, il en existe peu. Mais nous l'avons mentionné plus haut, l'impression à la demande (POD en anglais) est une des meilleures options. L'impression classique aussi, mais en volumes modérés. Aux Éditions Oeil Critik, nous avons majoritairement opté pour l’impression à la demande. Nous conservons cependant l'impression classique, mais raisonnée, pour certaines éditions limitées.

Pourquoi la POD ? 

— Impression à la commande.

— Capacité accrue de publier de nouveaux talents.

— Pas ou peu de stockage.

— La suppression du pilon.

 

La vente ferme ?

La vente ferme, c'est encore aujourd'hui un point de discorde auprès des revendeurs/libraires. Mais voilà, pour pouvoir perdurer, l'édition, dans son ensemble, doit remettre à plat son système. Et nous l'avons dit plus haut, quelle autre activité permet au revendeur de rendre au producteur ce qu'il lui a vendu ? Aucune ! Les différents partenaires des éditeurs doivent comprendre cela. Est-ce que le lecteur est autorisé à ramener son livre acheté chez le libraire parce qu'il ne lui plaît pas, ou qu'il n'a pas encore eu le temps de le lire et qu'il prend une place dans sa bibliothèque ? Non, alors qu'il en soit de même pour la relation éditeurs - revendeurs/libraires !

Si nos livres vous plaisent, alors achetez-les !

Défendez-les sur les différentes plate-formes dédiés aux livres ! En faisant cela, vous participer au développement harmonieux d'une édition adaptée au monde d'aujourd'hui. Une édition nouvelle qui rémunère plus justement ses auteurs, mais également ses éditeurs qui travaillent dur pour proposer des livres de qualité.

Heureusement, il existe des libraires qui font le choix de soutenir les éditeurs "différents", hors cadre, hors des dogmes mis en place par les mastodontes du milieu. Pourquoi ? Simplement parce qu'ils croient que le livre n'est pas un bien de consommation comme les autres. Parce qu'ils aiment les livres et ceux qui les font, et parce que ces derniers leurs rendent bien. Puis, lorsqu'un libraire achète un livre en vente ferme, il fera tout pour le promouvoir et le vendre. S'il sait qu'il peut le renvoyer par la suite, à quoi bon perdre son temps à le promouvoir, quand les grosses sorties de chez "Machin truc" se vendent seules et peuvent être retournées dans le cas contraire ?